Juillet 2011

 

 

Bonjour à tous,

 

Ce mois-ci, nous aborderons une information plus médicale.  C’est-à-dire, les tests médicaux conseillés en cas de troubles du comportement alimentaire.

 

Vous trouverez aussi un témoignage traduit de l’anglais : « Wow »

 

 

Tests médicaux conseillés en cas de troubles du comportement alimentaire

 

Quand on souffre d’un trouble du comportement alimentaire, le corps est soumis à des changements qui non seulement sont visibles de l’extérieur (amaigrissement ou obésité, dents abîmées, cheveux et ongles cassants,…) mais qui peuvent aussi affecter le métabolisme et le fonctionnement des différents organes du corps.  Nous insistons sur le fait qu’il est indispensable de faire surveiller certains paramètres physiques par son médecin généraliste ou par un autre spécialiste (nutritionniste, endocrinologue, …).  Pour les personnes en souffrance, leur entourage et leur médecin, voici une liste des tests qui doivent être faits régulièrement en cas de trouble alimentaire.

 

Tests sanguins :

  • Test hématologique de base qui dénombre entres autres les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes.  Via ce test, on peut vérifier le niveau de fer (qui, si trop bas, peut entraîner une anémie), le fonctionnement du système immunitaire et la présence éventuelle d’infections ou de processus inflammatoires.
  • Taux de la vitamine B12 et de l’acide folique : leur carence peut engendrer des problèmes de métabolisme des protéines, des hydrates de carbone et des graisses ; le test vérifie la capacité de l’organisme à absorber les nutriments.
  • Ionogramme : il s’agit de vérifier le taux d’une série de sels minéraux dont l’équilibre est indispensable pour le bon fonctionnement de notre corps.  La déshydratation, la malnutrition, les vomissements induits et répétés, l’abus de laxatifs et/ou diurétiques peuvent causer un déséquilibre de ces minéraux.  La carence d’un ou de plusieurs de ces minéraux peut engendrer de graves problèmes de santé, comme des crampes aux jambes, des palpitations, une hausse ou un baisse de tension, des oedèmes dans les jambes et les pieds.  Ces déséquilibres peuvent à long terme, causer une insuffisance rénale, des attaques cardiaques et, dans des cas très graves, le décès.   Ci-après, nous citons les sels minéraux les plus importants et les conséquence que leur carence peuvent amener :
    1. potassium : crampes musculaires, problèmes de peau, soif constante, baisse de tension artérielle.  Dans des cas de carence importante, coma ou arrêt cardiaque
    2. calcium : picotements dans les jambes et dans les bras, maux de tête, fragilité des os, insomnie, crampes musculaires.
    3. sodium : perte d’appétit, crampes, fatigue, problèmes de vision, vomissements, confusion, faiblesse.
    4. phosphore : perte d’appétit, douleurs osseuses, fatigue, respiration irrégulière, problèmes dentaires (caries), problèmes cardiaques et rénaux.
    5. magnésium : douleurs musculaires, anxiété, confusion, baisse de tension artérielle et de la température corporelle, sensibilité auditive, tachycardie (pulsations cardiaques accélérées)

 

  • taux de glucose : un déséquilibre en glucose peut être causé par la déshydratation et la malnutrition, voire par des excès alimentaires persistants.  Un taux trop élevé ou trop bas de glucose peut être dangereux.
  • Taux du cholestérol : et en particulier le taux du « bon cholestérol » (HDL) par rapport à celui de « mauvais cholestérol » (LDL) ; une présence excessive de mauvais cholestérol dans le sang peut causer des problèmes cardiaques (obstruction des artères)
  • La fonction rénale : doit être contrôlée afin d’identifier des éventuels problèmes ou risque causé par l’utilisation de certains médicaments.
  • Le fonctionnement du foie : doit être contrôlé afin d’identifier des éventuels problèmes de vésicule biliaire ou au foie.
  • Le fonctionnement de la thyroïde : doit être contrôlé depuis le début du trouble alimentaire.  Ce test est aussi important en phase de guérison d’un trouble alimentaire : en cas de problème thyroïdien (fonctionnement excessif ou trop ralenti) les personnes peuvent effectivement avoir beaucoup de difficultés à regagner du poids après une anorexie ou à en perdre si elles ont souffert d’hyperphagie incontrôlée.
  • Test des urines : un test complet des urines doit être fait afin de déceler des problèmes spécifiques concernant les reins, la vessie et l’accumulation de corps cétoniques responsables de comas.

 

Autres tests :

 

  • Contrôle de la tension artérielle souvent trop basse dans le cas d’anorexie ou de boulimie, ou trop élevée dans le cas d’hyper alimentation compulsive (hyperphagie incontrôlée).
  • Contrôle de la densité osseuse : l’aménorrhée (absence de règles) et les carences en calcium et vitamine D peuvent engendrer une ostéoporose précoce (fragilité des os)
  • Electrocardiogramme ou échographie du cœur surtout dans le cas de palpitation, essoufflement anormal, douleurs ou pression au niveau de la poitrine.
  • Tests de fertilité quand la personne qui souffre d’un trouble alimentaire souhaite avoir un enfant et n’arrive pas à être enceinte.  Toutefois, il est utile qu’elle soit en phase de guérison, voir tout à fait guérie, avant d’entamer une grossesse.  En effet, il semblerait que les personnes souffrant de troubles alimentaires ont plus souvent des grossesses à risque que les personnes n’ayant pas de trouble alimentaire.  D’autre part, les risques de problèmes de développement du fœtus et de malformations sembleraient plus important que la moyenne.

 

En conclusion, il n’est pas dans nos intentions de vous alarmer outre mesure, mais plutôt de vous donner des informations claires et précises sur les risques de santé que vous pourriez connaître si vous souffrez d’un trouble alimentaire.  Une bonne information sur ces risques peut non seulement sauver des vies (sans suivi médical, on peut ne jamais se rendre compte des risques que l’on court) mais aussi constituer un moyen de prévention efficace en cas de début d’un trouble alimentaire.  De toute façon, la connaissance de ces risques peut éviter le développement de problèmes de santé supplémentaires qui ne feraient qu’aggraver la situation.

 

Cinzia Agoni Tolfo

 

 

Témoignage :

 

« Wow » (ce témoignage a été traduit de l’anglais)

 

Bonjour ! J’ai choisi ce titre parce qu’il symbolise ce que je ressens maintenant.  Je suis tellement heureuse de pouvoir écrire en tant qu’anorexique guérie.  Je pense vraiment que je suis totalement guérie, ou en tout cas j’y suis arrivée pendant que j’écris.

 

Guérison totale, moi ! C’est étrange.  Ces derniers jours, je le ressens de plus en plus.  Comme toutes les personnes qui souffrent le savent, chaque jour apporte de nouveaux dilemmes, des réalisations, des souffrances ou la survie – et parfois tout ceci dans la même journée ! Vous apprenez à prendre chaque jour comme il vient.  Maintenant, je sais que chaque jour est beau et tellement riche !  J’ai réalisé que la vie a tellement à offrir, une fois que j’ai eu le courage, la foi et l’inspiration pour aller de l’avant.

 

Cela fait quelque temps que j’ai souffert d’anorexie.  J’ai connu ce que la plupart des anorexiques ou des personnes souffrant de troubles alimentaires connaissent : les « voix », les envies incontrôlables dues aux privations, les crises et les vomissements (cela m’est arrivé en phase de guérison), la culpabilité, la dépression, le désespoir… quelqu’un qui est passé par là sait de quoi je cause.

 

Mais maintenant j’en suis quitte ! Je ne pense pas que l’on peut s’en sortir tant que l’on n’est pas prêt.  Je suis en phase de guérison depuis plusieurs mois ; cela a commencé le jour où mes parents m’ont confrontée et m’ont obligée à monter sur la balance.  Depuis, je me suis ouverte et je leur ai tout raconté ; notre objectif était de revenir en arrière.  Mais à cette époque, « notre » objectif, plus particulièrement le leur à dire vrai.  Je réalise maintenant que je n’étais pas prête, que je ne voulais pas aller mieux.  Cela paraît horrible à entendre, mais il y avait cette sorte de fierté du fait que « je suis anorexique, je suis enfin mince une fois dans ma vie ! » en réalité j’étais heureuse d’être anorexique après avoir été une des filles les plus « boudins » parmi mes amis et pairs, et cela si loin que je m’en souvienne.

 

Avec le passage du temps et la mise en place de certaines mesures – tout avec des « retours en arrière », bien entendu – j’ai petit à petit voulu améliorer mon apparence, puisque tout ce que j’entendais (des enseignants, des copains, de la famille) c’était « tu as perdu tellement de poids… n’en perds pas davantage » ou «  tu es trop maigre » ou « as-tu été malade ? ».

 

Les grands changements ont commencé quand j’ai trouvé d’autres personnes qui souffraient du même problème, à l’école et sur le net.  Je me suis ouverte ; j’ai partagé mes expériences et écouté leurs vécus, si réconfortée de ne pas être toute seule ! J’ai commencé par accepter petit à petit que, peut-être, j’étais trop maigre, comme certains me le disaient.  Peut-être que je n’avais pas l’air si bien que je le croyais.  J’ai commencé à me regarder de façon différente (regarder des photos de vous-même, et bien, cela est un « choc » réel…).

 

Avec le support de ma famille, de mon copain et de mes amis, mon état d’esprit à commencé à changer.  Mes vues sur la façon de m’alimenter, sur la nourriture et sur la vie en général ont commencé à germer en idées plus positives.  On m’a donné beaucoup de bons conseils ; j’ai lu des récits de personnes en souffrance et de personnes guéries ; j’ai parlé à d’autres personnes qui vivaient la même chose.  Et petit à petit, j’ai commencé à aller mieux, cette fois de l’intérieur.

 

Bien entendu, il y a eu des périodes de « bas » et je suis revenue en arrière dans la mauvaise direction.  Mais chaque fois j’en sortais plus déterminée à aller de l’avant, à me tirer de là.  J’ai commencé à voir combien de bonnes choses la vie pouvait offrir, combien il y avait à faire et à vivre « pour » - et je vous assure, je vais faire tout cela.

 

J’ai commencé à voir comment le fait de manger, la nourriture et les opinions des autres ne comptaient pas autant que je le pensais.  Avant, la vie me semblait tellement centrée sur la nourriture… que tout me paraissait y tourner autour ! Cela me paraissait si désespérant et si déprimant ! Maintenant, je vois les autres côtés de la vie ; je vois ce qu’est réellement la vie et combien de choses méritent d’être vécues.

 

On pouvait me dire que manger ceci ou cela n’allait pas me faire gagner du poids ou que manger une crème glacée une fois de temps en temps n’allait pas me faire emmagasiner de la graisse, mais je pense qu’il fallait vraiment que moi, je travaille cela afin de pouvoir y croire.  Après avoir finalement eu le courage de manger une crème glacée ou un morceau de lasagne, j’ai commencé à accepter que ce que disaient les gens pouvait être vrai.  Un jour, je me suis dit : « ok, ceci est vrai pour la plupart des gens mais pas pour moi.  Je suis différente ; je prendrai du poids avec ça. »  Maintenant, je peux constater que c’est bête de voir les choses ainsi !  Les choses reprennent leur équilibre, il faut y croire, pensez juste que cela va marcher.  Et ça marchera.  Je l’ai appris, je l’apprend tous les jours.  Ca marchera !

 

Savez-vous quel est le dernier pas que j’ai fait – un très grand pas pour moi ? La semaine passée, j’ai arrêté de compter mes calories quotidiennes.  Cela ne veut pas dire que tout d’un coup, je mange n’importe quoi, des gâteaux et des morceaux de viande frits, etc.  Je mange de façon saine et je suis en meilleure forme que je ne l’ai jamais été.  Mais maintenant tout va bien, je suis fière d’être en bonne forme et je n’ai plus d’attitudes obsessionnelles par rapport à ça.  Je sais que si je veux, je peux manger cette crème glacée avec chocolat et noix comme une « douceur », et je sais que je survivrai !

 

Je suis tellement heureuse d’être à nouveau « normale » ! Jusqu’à il y a quelques mois, je n’étais pas prête pour être « normale ».  J’étais encore en train de souffrir.  Mais je suis arrivée au point d’être prête et j’ai fait des pas de géants vers la guérison.

 

J’émerge avec fierté de tout cela et je suis devenue une jeune femme plus saine, plus sage, plus heureuse ; j’ai repris confiance dans la vie.  Je me sens maintenant mieux dans ma peau que je ne l’ai jamais été auparavant – ni quand j’avais de l’embonpoint ni quand j’étais maigre.

 

On peut y arriver.  Il y a vraiment une vie plus heureuse à laquelle tout le monde peut participer.  Le voyage est difficile, long et paraît parfois impossible.  Vous vous sentez comme emporté dans un tourbillon.  Mais si vous continuez à aller de l’avant, vous commencerez à vouloir vous en sortir pour respirer… et un jour vous arriverez à nouveau à flotter à la surface.

 

Merci pour m’avoir donné l’opportunité de faire paraître ce témoignage.  Pour les personnes en souffrance qui liront ce texte, je veux juste dire que bien que cela leur paraisse difficile à croire, on peut s’en sortir.  Gardez votre foi et votre courage et vous verrez, vous l’emporterez sur cette affreuse maladie, même si maintenant, le voyage vous paraît sans fin.

 

Chelsea O’Brien

 

 

 

Appel à témoignages :

 

Nous sommes toujours à la recherche de témoignages sur l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie, l’orthorexie… Si vous désirez témoigner, même anonymement, n’hésitez pas à envoyer votre témoignage à l’adresse info@anorexie-boulimie.com

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