
|
Novembre 2010 L'Asbl Infor Anorexie et Boulimie vous accueille dès aujourd'hui sur son nouveau site. Il y a quelques années, l'association fonctionnait avec une dizaine de bénévoles qui petit à petit ont fait leur vie, changé d'orientation professionnelle, fondé une famille...et quitté l'asbl. L'association a donc fonctionné au ralenti durant quelques années. Aujourd'hui, une nouvelle équipe est en place et est heureuse de pouvoir vous accueillir et vous aider. Une nouvelle permanence téléphonique est ouverte, vous en trouverez tous les détails dans la rubrique « contacts » Bientôt, nous espérons pouvoir remettre en place des groupes de parole sur Bruxelles. Un nouveau forum verra également bientôt le jour. Il sera au départ accessible à tous et ensuite, seulement aux membres de l'association. Ceci à toute fin d'éviter les dérapages entre internautes et limiter le travail du modérateur. Si vous désirez nous envoyer un témoignage à paraître dans les prochaines newsletters, vous pouvez nous le faire parvenir par e-mail. Nous espérons dès à présent pouvoir répondre à vos questions et attentes. L'équipe d'Infor A&B Revue de presse: Les troubles alimentaires chez les hommes. Malgré l'augmentation du nombre d'hommes souffrant de troubles alimentaires, ceux-ci ne se sentent pas reconnus et n'arrivent pas à trouver l'aide médicale adaptée, d'après le résultats des recherches effectuées par le SlaM ( South London ans Maudsley NHS Foundation Trust). La psychologue Dr Vittoria Mountfort du Slam et ses collègues chercheurs de la Canterbury Christ Church University, ont fait ressortir le fait que les hommes atteints de troubles alimentaires se sentaient seuls et inquiets face à la stigmatisation des troubles alimentaires masculins. On estime aujourd'hui qu'au moins 10% des binge eaters, anorexiques et boulimiques sont des hommes. Curieusement, le nombre de cas masculins augmente tandis que le nombre de cas féminins reste le même depuis 10 ans. La stigmatisation autour de leur image, rend aux hommes plus difficile d'accepter qu'ils puissent souffrir d'un trouble alimentaire et se faire aider. Les hommes montrant des signes de troubles alimentaires sont moins facilement diagnostiqués par les médecins généralistes et les psychiatres. ..... La Fashion Week de Londres ne nous a rien appris de neuf sur le débat du « size zero ». Les modèles et les troubles alimentaires, leur image corporelle irréaliste promue par l'industrie de la mode n'a rien de nouveau. Ce qui a changé par contre, c'est que cette image corporelle n'est plus seulement centrée sur l'image féminine mais aussi désormais sur l'image masculine. Les top modèles masculins aspirent de plus en plus à cette image irréaliste, inatteignable et malsaine du corps parfait. L'article cite les recherches du Dr Mountford et ses collègues, qui ont passé beaucoup de temps à parler à des hommes souffrant de troubles du comportement alimentaire et de leur image corporelle. « Ils nous rapportent qu'ils ressentent les troubles alimentaires comme étant un problème uniquement féminin. Ils se sentent très seuls avec leur trouble alimentaire et s'inquiètent de la réaction des gens qui pourraient les découvrir. » nous explique le Dr Moutford. « Les hommes à qui nous avons parlé ont beaucoup de difficulté a admettre qu'ils puissent souffrir de troubles alimentaires , à le dire aux autres, et qu'ils ont besoin de se faire soigner. D'où le fait qu'ils attendent longtemps avant de se faire prendre en charge» Hala El-Shafie, Diététicienne spécialisée et co-fondatrice de Nutrition Rocks, s'accorde avec le Dr Mountford. « La plus grande difficulté concernant l'image corporelle masculine et les troubles alimentaires se retrouve dans l'incapacité historique des hommes à se confier, à confier leurs émotions. Malheureusement, ces troubles sont en augmentation dans la gent masculine » nous confie le Dr Hala. « Cependant, sans prise de conscience plus importante de leur problème, de nombreux hommes vont continuer à souffrir en silence et dans la honte, et on continuera à ne pas détecter à temps les signes précurseurs de leurs troubles alimentaires. Les hommes ont besoin d'être mieux informés de l'aide qu'ils peuvent recevoir et dont ils ont besoin. Ce n'est pas qu'une affaire de femmes! ». Extrait d'un article traduit librement par Nathalie du : South London ans Maudsley NHS Foundation Trust (SLaM), from Medical News Today 23 septembre 2010 Augmentation des troubles alimentaires chez les femmes au delà de la trentaine Les experts en troubles alimentaires traitent de plus en plus de cas de femmes adultes développant de l'anorexie ou de la boulimie. On est bien loin de l'image de l'adolescent habituelle. Des psychiatres ont rencontrés des cas sérieux avec des symptômes apparus dans la trentaine, quarantaine, cinquantaine voire occasionnellement la soixantaine. Dans de nombreux cas, la maladie a commencé par une rupture, un licenciement, la ménopause, la perte d'un parent, ou le départ d'un enfant du cercle familial. Certains praticiens travaillant avec des femmes ayant un trouble alimentaire apparu « sur le tard » le relient à ces femmes de 40, 50 ans ressentant une pression pour rester jeune à tout prix et veulent ressembler à des vedettes comme Madonna ou Sharon Stone. « Il y a 5 ou 10 ans de cela, je n'aurais rencontré qu'un seul cas de trouble alimentaire apparu plus tardivement qu'une fois par an ou tous les deux ans. Mais actuellement, je vois cinq nouveaux patients par an ayant un développement plus tardif des troubles alimentaires. » nous rapporte le psychiatre Dr Sylvia Dehabra de Newcastle, qui travaille pour le service spécialisé régional pour les troubles alimentaires. ... Des événements significatifs de vie peuvent être à l'origine des troubles alimentaires. « La personne perd son travail, est en deuil, est en rupture avec son enfant. L'humeur se dégrade et la personne développe une dépression nerveuse. Elle perd de l'appétit, maigri t» continue le Dr Dehabra. « Ensuite, elle remarque qu'elle se sent mieux en ne mangeant pas, qu'elle a une meilleure allure et reçoit même parfois des compliments, et cela les éloigne alors de leur préoccupation première et leur donne un nouveau but ». Le Dr Dehabra a aidé plusieurs femmes ayant développé un comportement alimentaire cahotique après avoir été quittées par leur mari. « Dans un cas, le mari avait critiqué le poids trop élevé de sa femme. Elle a associé le départ de son mari à son poids et a commencé un régime. On finit un jour par la trouver inconsciente chez elle, elle se retrouve hospitalisée car son taux de sucre dans le sang avait gravement chuté. » Le Dr Adrienne Key, responsable du service des troubles alimentaires à la Priory Clinic de Roehampton, au sud-ouest de Londres, nous dit: « Durant les dix-huit derniers mois, j'ai rencontré dix femmes entre 35 et 40 ans, principalement des boulimiques, ayant eu un enfant quelques années auparavant et avaient perdu une image corporelle satisfaisante pour elles. Elles ont commencé à faire des régimes, sauter des repas, ou faire ces régimes étranges du type protéinés, ou sans hydrates de carbone, augmentant leur manque de satiété et les poussant vers un trouble du comportement alimentaire. Pourquoi seulement certaines femmes développent un trouble alimentaire et pas d'autres reste incompris, mais il se pourrait que ce soit dû à un dysfonctionnement du cerveau sous pression par le manque d'alimentation. Beaucoup de femmes dans la trentaine ou la quarantaine sont insatisfaites de leur image corporelle parce qu'elles se retrouvent sans cesse confrontées à des images de corps parfaits, à un idéal corporel irréaliste, spécialement dans les magazines et cela leur met la pression. » Les experts en santé mentale de la British Dietetic Association, qui représente les diététiciens, a également noté cette tendance. ... Les hommes aussi en souffrent. Le Dr Dehabra a traité un homme dans la quarantaine ayant perdu sa mère et souffrant ensuite de dépression puis d'anorexie. Un autre patient du même âge était soumis à un stress très intense au travail d'abord, ensuite il a perdu son boulot et soutenu sa compagne durant une grave maladie. ... Les experts ne savent pas trop si le nombre de cas de personnes développant un trouble alimentaire plus tard dans la vie indique un réel changement dans les comportements des gens ou simplement que les médecins généralistes arrivent à mieux identifier les troubles alimentaires. The Guardian, vendredi 8 octobre 2010 Extraits traduits librement par Nathalie Anorexie: il faut agir vite et en famille Article du magazine Le Point du 8 octobre 2010 En France, l'anorexie toucherait plus de 40 000 adolescents (des filles à 90%). C'est une maladie « mentale » grave, mortelle dans 20% des cas, dont le diagnostic est souvent posé tardivement. C'est pourquoi la Haute Autorité de santé (HAS) vient d'émettre des recommandations à son sujet. Le but est de sensibiliser à la fois les professionnels de santé et les familles pour que les jeunes concernés soient rapidement pris en charge et pour leur éviter – ainsi qu'à leurs parents – un « parcours d'errance » très traumatisant. « Nous avons constaté que les professionnels de santé manquaient de repères sur cette pathologie, que les soins étaient désorganisés, la prise en charge parfois inadaptée et la filière de soins mal identifiée », a expliqué à la presse le professeur Jean-Luc Vénisse, chef de service d'addictologie au CHU de Nantes, l'un des auteurs de ces recommandations. « Il y a une grande méconnaissance de l'anorexie par les professionnels de santé et par le grand public » a ajouté Christine Chiquet, la présidente de la Fédération nationale des associations sur les troubles du comportement alimentaire. Pour permettre un repérage plus précoce et ciblé de l'anorexie, les recommandations en rappellent les signes évocateurs (un ralentissement de la croissance ou une absence de règles chez une adolescente) et proposent quelques questions simples à poser par le médecin généraliste pour repérer les personnes à risque (par exemple: « Vous inquiétez-vous d'avoir perdu le contrôle de ce que vous mangez? » ou « Les autres vous trouvent-ils trop mince alors que vous pensez être trop grosse? »). Dès qu'un cas d'anorexie est dépisté, les spécialistes insistent pour que la personne soit traitée « initialement en ambulatoire, sauf en cas d'urgence », alors que l'hospitalisation a été longtemps la solution privilégiée. Cette dernière pourra être décidée en fonction de l'évolution et de différents critères concernant l'état physique (perte de poids rapide, hypoglycémie, ..), psychiatrique (risque suicidaire, échec antérieur d'une prise en charge en ambulatoire...) et environnemental (problèmes familiaux). Les spécialistes recommandent une prise en charge multidisciplinaire devant faire intervenir « au minimum un psychiatre, un pédopsychiatre ou un psychologue et un somaticien (médecin généraliste ou pédiatre) ». Chaque fois que cela est possible, il faut établir une « alliance thérapeutique » avec le patient et sa famille. Il s'agit d'un véritable changement de comportement, car jusqu'à présent les parents étaient souvent écartés et un « rapport de force » était alors engagé entre les soignants et le patient. Ce choix est conforté par les résultats d'une étude américaine publiée dans les Archives of General Psychiatry. Ses auteurs, James Lock de l'université de médecine de Stanford (Californie) et ses collègues, ont suivi 121 adolescents atteints d'anorexie mentale, non hospitalisés et bénéficiant de 24 séances d'une thérapie soit familiale soit individuelle. La première consistait à donner aux parents un rôle actif et positif dans l'aide à la restauration d'un poids correct chez l'adolescent anorexique. La thérapie individuelle était centrée sur le patient lui-même en ciblant notamment les troubles de l'estime de soi et les problèmes émotionnels. A la fin du traitement, il y avait autant d'adolescents ayant retrouvé leur poids dans les deux groupes. Mais, à terme, la thérapie familiale s'est montrée supérieure à la prise en charge individuelle. Le taux de rémission complète à six mois a été de 40% pour les patients en thérapie familiale contre 18% en thérapie individuelle. A 12 mois, ces taux étaient respectivement de 49 et 23%. Enfin, pour compléter les recommandations, la HAS a édité trois fiches explicatives sur le repérage de l'anorexie, les premiers soins spécialisés et la filière de prise en charge, ainsi que sur les critères d'hospitalisation à temps plein. Elles seront adressées à 100.000 médecins pour « attirer leur attention sur cette maladie ». Et deux documents ont été rédigés, l'un à l'intention des familles et des patients sur la prise en charge de l'anorexie et l'autre, à l'intention des patients, sur le repérage des troubles du comportement alimentaire. |
| novembre 2010 |
| © 2011 |
![]() |