
|
Novembre 2011
Bonjour à tous,
Ce mois-ci, nous traiterons l’hypersexualisation via un article paru dans le Soir. L’adoption d’attitudes et de comportements sexuels trop précoces n’est pas sans conséquences, notamment, dans le domaine des troubles alimentaires.
Nous verrons aussi la différence entre l’estime de soi, la confiance en soi, et l’affirmation de soi. Par Muriel Vandergucht, psychologue.
Hypersexualisation : les ados sont en danger Voogt,Fabrice Page 9, Le soir, Samedi 16 juillet 2011 Santé Une étude du Crioc met en gardeLe concept est né Outre-Atlantique, mais le phénomène est déjà bien connu chez nous. Appelé hypersexualisation, il consiste, chez les jeunes, à adopter des attitudes et des comportements sexuels jugés trop précoces. Ce « modèle » s’inspire souvent des stéréotypes véhiculés par la pornographie : homme dominateur, femme objet séductrice et soumise, explique Eve Hanson, qui a réalisé une étude sur le sujet pour le Crioc, le Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs. La sociologue, qui s’est basée sur des actes de colloques et des enquêtes consacrées à cette thématique, s’est plus particulièrement intéressée à l’influence de ce phénomène chez les enfants et les adolescents : « Dans leur chef, l’hypersexualisation se manifeste surtout à travers les tenues vestimentaires mettant en évidence certaines parties du corps (décolleté, pantalon taille basse dévoilant les sous-vêtements, pull moulant…) ou par des attitudes et des postures à caractère sexuel qui envoient un signal de disponibilité sexuelle (se passer la langue sur les lèvres, se déhancher, bomber le torse). » Omniprésente, la sexualité véhicule aussi le culte de la performance, construit sur de nouvelles normes, implicites mais contraignantes, explique Eve Hanson. Sexologue clinicien, Pascal De Sutter évoque ainsi « les défaillances érectiles après 50 ans ou l’inhibition de désir chez la mère de famille » qui sont passées du « normal » socialement accepté à l’« anormal » qu’il faut absolument soigner. Troubles de l’alimentation Quant aux jeunes, poursuit Eve Hanson, ils sont de plus en plus sollicités, par internet d’abord, mais aussi par certains magazines, « surtout féminins qui s’adressent aux jeunes filles avec des articles à connotation sexuelle du type “7 raisons de coucher le premier soir” ou des tests qui classent les lectrices en trois catégories : la super extra salope, la salope normale, la ringarde. » L’auteur pointe également les dérapages publicitaires (la marque de produits dépilatoires Veet et sa campagne web « Mon minou tout doux »…), les jeux vidéos (le jeu de simulation Ma Bimbo, les Sex Bracelets où chaque couleur correspond à un code érotique…). Les conséquences peuvent être très négatives : réduction de la personne à son sex-appeal, dépression, troubles de l’alimentation, mauvais résultats scolaires… Selon le Crioc, il convient, dès lors, de développer la capacité d’analyse des jeunes et leur esprit critique par une éducation à la consommation raisonnable et raisonnée. Elle passe notamment par un décodage publicitaire et une éducation aux médias. Repères La puberté Les modifications des habitudes alimentaires au XXe siècle ont avancé de 2 à 3 ans l’âge de la puberté. Les médias Le sexe est omniprésent dans les médias. Sur l’internet, le matériel à caractère érotique, sexuel ou pornographique est facilement accessible. La publicité Le quotidien est bombardé de publicités mettant en scène le corps, particulièrement celui des femmes. L’argent Le pouvoir d’achat et le potentiel économique des jeunes consommateurs n’échappent pas aux spécialistes du marketing. Les idoles Des chanteurs sont des produits commerciaux servant de modèles aux jeunes, en quête identitaire. Voir Lady Gaga (photo ci-contre), etc. « L’éducation aux médias est importante » ENTRETIEN Eve Hanson est chercheuse au Crioc. Elle est l’auteur de l’étude. Comment analysez-vous cette hypersexualisation par rapport à la révolution sexuelle des années 60-70 ? La révolution sexuelle des années Quels sont les risques de l’hypersexualisation pour l’adolescent ? Ceux qui s’écartent de ces modes de comportement se sentent marginalisés. Cela entraîne des difficultés relationnelles chez l’ado qui ne voit pas toujours la différence entre la télé et la réalité. Il y a un questionnement par rapport à la normalité. Les ados n’ont pas l’esprit critique suffisamment développé et sont donc plus influençables. L’association américaine de psychologie, qui s’est basée sur 300 études, a montré que les troubles alimentaires, comme l’anorexie, qui commençaient il y a dix ans chez des filles de 16 ans, sont aujourd’hui observés chez des filles de 5 ou 7 ans. Comme les parents peuvent-ils faire barrage ? L’éducation aux médias revêt un aspect fondamental, comme le décodage des publicités. Les stéréotypes à caractère sexuel sont présents tant dans la pub que dans les séries télés : l’homme dominant, la femme soumise. Avec le risque que les filles aient une image d’elles négative et estiment que c’est plus facile d’être un homme dans la société. Faut-il décourager les ados de s’habiller comme des adultes ? Les ados s’habillent parfois avec un vêtement qui a, pour les parents, un caractère érotique, sans que les jeunes le perçoivent comme tel. C’est souvent une projection de l’adulte. L’adolescence est aussi l’âge auquel il faut faire des expériences, même si l’adulte est là pour mettre des limites par rapport à des codes vestimentaires ou comportementaux, qui inciteraient par exemple l’enfant à avoir des relations sexuelles précoces.
La différence entre estime de soi, confiance en soi et affirmation de soiPar Muriel Vandergucht (http://murielvandergucht.wordpress.com/) L’Estime de soi : c’est le regard porté sur soi, la façon dont l’on se voit, dont l’on s’évalue. L’estime de soi est basée sur un sentiment vis à vis de soi : je m’aime plus ou moins bien, me vois et me traite en conséquence. Notre amour pour nous mêmes dépend en majeure partie de la façon dont nous avons été aimés et considérés étant enfants. Ainsi, un enfant abandonné ou maltraité aura tendance à se considérer négativement. Il aura plus de difficultés qu’un autre à s’apprécier. Il s’estimera souvent indigne d’amour ou d’intérêt. Mais ce n’est pas parce qu’une personne a été mal aimée étant enfant qu’elle est condamnée à rester dans la dépréciation de soi. L’estime de soi n’est pas figée une fois pour toute. Elle peut toujours évoluer. Confiance en soi : La confiance en soi est une prédiction que l’on se fait sur soi-même, sur sa capacité à disposer ou non des ressources nécessaires pour atteindre un objectif ou pour faire face à tel ou tel événement. Estime de soi et confiance en soi sont liées. Si l’on se voit comme un bon à rien, l’on se verra incapable d’atteindre ses objectifs. Quoiqu’il en soit, chacun a déjà acquis de la confiance. Que l’on pense à toutes ces compétences apprises depuis la naissance. Il a fallu, par exemple, étant enfant, apprendre à se tenir debout et à marcher. A force de tomber, de se relever, de réessayer, la marche a finalement été apprise…Et la confiance s’est installée… Il est possible de développer sa confiance dans bon nombre de domaines (acquisition de savoirs faire, de connaissances, de savoirs êtres). A condition de supporter de vivre les débuts incertains et insécurisants d’une pratique nouvelle. Affirmation de soi : L’affirmation de soi est la capacité d’exprimer sereinement ses opinions, ses valeurs, ses émotions et ses besoins. C’est donc la capacité de prendre sa place dans la relation. Ni carpe, ni requin. Ni paillasson, ni hérisson…S’affirmer sereinement – ni dans l’inhibition – ni dans l’agression.
Appel à témoignages :
Nous sommes toujours à la recherche de témoignages sur l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie, l’orthorexie… Si vous désirez témoigner, même anonymement, n’hésitez pas à envoyer votre témoignage à l’adresse info@anorexie-boulimie.com Vous serez peut-être publié dans une de nos prochaines newsletters.
|
| Novembre 2011 |
| © 2011 |
![]() |